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version Française texte : Halina Toressan - intro/photo : Gophrette Power

 

Comme le chante Willie Nelson « On The Road Again », me voici avec les Rouleurs en direction de Stowe, VT. Cette fois-ci c'est en mode camping que ça va se passer avec tous les clichés qui vont avec. Tentes, sacs de couchage, BBQ, couverts en plastique et bonne bouffe. Martin nous a dégoté un beau petit coin plein de verdure avec beaucoup de caractère. Nous avions hâte d'y arriver et de dresser le campement mais surtout pour aller faire un petit tour de reconnaissance des lieux, car après plusieurs heures de voitures les jambons commencés à devenir sec. Donc une fois les tentes montées, nous avons enfourché nos bécanes et parcouru quelques kilomètres. Durant cette ballade Nicolas nous donne des informations sur la région, car il y est déjà venu rouler plusieurs fois et connait de beaux segments.

 Few intervals after a long working day in the Josh's Pain Cave 

Le matin est un moment que j’apprécie particulièrement quand je vais en camping. Ce dimanche matin-là, tout était calme et paisible ; une matinée de camping parfaite. Brumeux et humide,l’air était juste assez frais pour revêtir le capuchon de mon kangourou. Faisant office de barista, Nic avait mis le paquet et nous avait préparé un café de tonnerre. Levés depuis environ 9 heures, sirotant notre boisson chaude, on avait discuté de l’épreuve qui nous attendait jusqu’en fin de matinée. C’est vers midi qu’on a finalement décidé de se préparer, puis de s’élancer. 

Je n’avais pas beaucoup parlé ce matin-là, principalement parce que le parcours à venir me rendait un peu anxieuse. La veille, Nic avait répété à quel point Lincoln Gap – un col situé dans les montagnes vertes du Vermont – représentait certainement l’une des ascensions les plus corsées auxquelles il s’était frotté. Nic étant l’un des plus forts cyclistes que je connaisse, l’anxiété ressentie avait alors grimpé d’un cran. Fin prête à relever le défi, certes, mais ma confiance s’estompait chaque fois que quelqu’un mentionnait les mots “Lincoln” et “Gap”. J’avais néanmoins de bonnes raisons de me sentir anxieuse puisque Lincoln Gap était de loin – de très loin – la montée la plus ardue que j’avais dû grimper jusqu’à maintenant. En fait, je ne suis même pas convaincu que j’aurais tenu le coup sans les encouragements de mes compagnons de route, particulièrement dans la dernière section – ultra ABRUPTE et interminable. Atteindre le sommet de Lincoln Gap s’avère un périple presque mythique ; si l’expérience m’a transformée, elle m’a aussi permis de remettre en perspective toutes les ascensions majeures que j’avais accomplies dans le passé.

Avec le recul, je réalise que tous les éléments pour faire de cette montée, une aventure épique étaient présents : le juste équilibre entre l’ambiance de camping matinale, les œufs, et la caféine saupoudrée d’un brin d’anxiété ; des équipiers inspirants, une bonne dose de souffrance, les magnifiques routes du Vermont, et les collations achetées aux dépanneurs du coin ; et, une fois l’exploit complété, les gorgées de whisky, et les burgers cuits sur le feu arrosés de bières locales bien méritées.

Vivre à fond sa passion pour le vélo, c’est ça !


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English version texte : Halina Toressan - intro/photo : Gophrette Power

 

One thing I especially like about camping is mornings. This particular Sunday morning was one of those perfect calm and peaceful camping mornings. The air was foggy and wet, it was chilly enough to wear a hoody, and Nic the barista really stepped up our coffee game. We probably woke up around 9am and just sat there drinking coffee and talking about the upcoming ride until about 12 when we finally decided to get going.

I didn’t say much that morning though, mostly because I was anxious about the ride ahead of us. The night before, Nic had kept going on and on about the how Lincoln gap was one of the most difficult climbs of his life. Nic is one of the strongest cyclists I know, hence the Sunday morning anxiety level. I was up for the challenge, but at that point my confidence level was going down every time someone mentioned the words “Lincoln” and “Gap”. I was right to be nervous however, Lincoln Gap is by far (way far) the most difficult climb I have ever done in my life. I’m not so convinced I would have made it up there without the guys encouraging me on that ever so STEEP and never-ending last stretch. There’s something nearly mythical about reaching the top of the Lincoln Gap, I think it changed me and definitely put into perspective all other climbs I have done in the past.

Looking back, we had all of the elements in place to create an epic ride. Just the right balance of morning camping vibe, coffee, eggs, a little dose of anxiety, an awesome crew, a good dose of suffering, beautiful Vermont roads, convenience store snacks, shots of whiskey, and post-ride burgers on the fire with local beers.

What else can make you feel so alive?