#sayYEStoTXtour 2016

texte/photo : Gophrette Power

 

Aaaahhh... le Texas... Depuis son plus jeune âge, Carole a le rêve d’y aller. Les paysages et la chaleur que l'on aperçoit en trame de fond dans le film Géant (1956) de Georges Stevens a eu une forte influence durant sa jeunesse. Je crois qu'elle rêve encore au beau James Dean qui y tient le second rôle masculin. Mais personnellement, il m'en fallait un peu plus pour embarquer dans son histoire. Elle s'est donc mise à chercher et à regrouper des informations en lien avec nos activités sportives pour me donner l'envie d'en visiter un bout avec elle.

Elle a commencé son enquête par les archives Strava du gagnant de la série Red Hook Crit 2016, Colin Strinckland. Ensuite, la machine s'est emballée. D'athlète en athlète, elle est tombé sur les Segments qui quadrillent toute la région. L'idée était d'avoir une vue générale des balades que nous pourrions y faire tout en découvrant la cartographie du coin. Par la suite, elle est allée voir les évènements via les réseaux sociaux pour étoffer son sac d'arguments et elle en a trouvé deux. Le Red Bull Last Stand à San Antonio et la finale du Driveway Série à Austin. Ces deux évènements étaient espacés d'une semaine. Ce qui nous donnerait donc l'occasion de visiter plusieurs endroits, tout en assistant à deux belles courses. Il ne m'en fallait pas plus. Son enquête a eu l’effet escompté. Clic-Clac, les valises ont vite été bouclées, le matériel photo dans le sac à dos et les vélos bien emballés. Nous avons pris la direction de l'aéroport, destination : « l'État de l'Étoile Solitaire » (Lone Star State).


San Antonio

Premier arrêt, San Antonio. Théâtre de la Révolution Texane qui opposa les colons américains et mexicains durant sept mois en 1835-1836 et plus particulièrement la bataille du Fort Alamo où le célèbre David Stern Crockett fut retrouvé mort. Mais on ne s'est pas vraiment attardé sur le côté historique de la ville et les seules vraies visites que nous avons faites sont les Missions que l'on a croisées le long d'une très belle et tranquille piste cyclable qui suit les berges de la San Antonio River en direction du sud. Nous avons donc vue la Mission Concepcion fondée en 1716 et la Mission San José de 1720 qui sont deux très beaux vestiges de la colonisation Espagnole. Cette balade d'une quarantaine de kilomètres nous a également fait découvrir le petit quartier du Pearl dans lequel nous avons rechargé nos estomacs et pris le temps d'observer la faune locale. Si vous êtes dans le coin, allez donc dire un petit bonjour à la sympathique équipe de la boutique Bike World, car c'est eux qui nous avaient conseillé d'aller vers le sud en suivant la rivière mais également d'aller voir le petit village de Gruene. C'est ce que nous avons fait le deuxième jour.

La place fait de suite penser à un western spaghetti, mais avec les rues asphaltées et sans aucuns cowboys à l'horizon. Les bâtiments sont minutieusement entretenus et de multiples accessoires d'antan disposés ici et là servent de décoration. Le tout témoigne de l'époque où le coton était l'activité principale de l'endroit. Aujourd'hui, c'est le tourisme qui remplit les caisses des quelques restaurants et magasins de « couillandres » du patelin. Et on ne s'y trompe pas à la vue du nombre de personnes agglutinées aux pieds de l'attraction principale, le château d'eau. On y fait tous la même photo. Bien sûr, j'aurais préféré prendre cette image dans l'angle opposé, en effectuant un selfie en contre-plongée, le bras bien tendu tout en faisant ma plus belle face de winner. Mais ce n'est pas du tout ce qui s’est passé. Nous étions ici pour visiter les alentours en vélo. Alors nous avons vite échangé nos habits de touristes contre ceux de cyclistes et avons sauté sur nos montures métalliques en direction du nord. En suivant les ondulations de la Guadalupe River, on aperçoit plusieurs pancartes électorales qui nous indiquent clairement que sommes en territoire président orange. Donc on se fait discret pour ne pas avoir à expliquer d'où l'on vient et pourquoi on se déplace à vélo plutôt qu'en SUV. La route est superbe, ombragée par de nombreux arbres mais sans aucuns accès libres à la rivière. Le moindre centimètre est grillagé avec de nombreuse pancartes « NO ENTRY » ou « PRIVATE PROPERTY » ou encore « NO TREPASSING KEEP OUT ». C'est donc de loin ou au moment de la traverser via des ponts que l'on voit l'eau. Notre destination se trouve à vingt-huit kilomètres de Gruene, le Canyon Lake. C'est un énorme réservoir qui sert à prévenir les inondations et préserve l'eau pour les communautés en aval du barrage, mais c'est aussi une attraction récréative très populaire.

Bref, vous avez compris. Les deux premiers jours ont été effectué en « Mode Touriste ». Mais le programme du troisième en a été tout autre « Crit Day » avec le Red Bull Last Stand.

 

Album photo sur mon Flickr #sayYEStoTXtour : Part No.1 / Part No.2 et les tracés Strava : San Antonio River / Guadalupe River


Red Bull Last Stand

Le Red Bull Last Stand est le critérium que beaucoup de monde attendait dans la région, voir plus loin. Original de par son règlement mais aussi qu'une catégorie fixedgear est au programme et comme le nom l'indique, c'est Red Bull qui l’organise et pas qu'un peu. Le parcourt fait tout simplement le tour de la Mission Alamo, plus connue sous le nom Fort Alamo. C'est donc dans un mélange peu commun que cette journée s'est déroulée. Ça y est, le décor est planté dans vos esprits... Les touristes, la police, les cyclistes et tout ce qu'une place historique de centre-ville peut rassembler. Ajoutez à tout ça, une météo texane à dégouliner.

Le règlement est simple. Qualifications par groupe durant quinze minutes. Les cinquante meilleurs temps hommes et trente femmes iront en finales (pour les deux classes Geared/Fixedgear). À chaque tour de piste, le dernier du pack se voit éliminé. C'est donc cinquante tours pour les hommes et trente pour les femmes. À chaque passage du pack, on assiste à des sprints entres les derniers qui tentent de sauver littéralement leurs fesses. Ce format de course est très stressant pour les athlètes mais très excitant pour les spectateurs. La scène cycliste texane est très active et compétitive. Il est donc normal de croiser les visages de Colin Strickland (1er) et Ash Duban (8ème), les gagnants de la RHC Series 2016 qui vivent non loin de San Antonio, à Austin qui se trouve à cent trente kilomètres. Mais également des pros comme Emile Abraham (2ème), Travis McCabe (3ème), Daniel Holloway (4ème), Gretchen Stumhofer (1ère), Colleen Gulick (2ème), Samantha Runnels (3ème)... Ce fut aussi l'occasion de retrouver des visages plus familiers, car quelques amis de Montréal avaient également fait le voyage... Caroline Poole (11ème), Olivier Lavigueur (13ème) et Josh Tyrrell (18ème).

 

Pour connaitre tous les résultats de cette première édition c'est ici : Red Bull Last Stand 2016


Terlingua

Il faut sept heures pour parcourir les sept cent cinquante kilomètres qui séparent San Antonio du Big Bend National Park. Cet endroit est largement boudé par le tourisme car son accès nécessite de quitter sur plusieurs kilomètres la Interstate 10 qui relie la côte Ouest à la côte Est. Donc en général, les gens traversent cette région rapidement ou s’ils décident de faire un détour, c’est pour aller faire quelques selfies devant la fausse boutique Prada sur la 90 en direction de Marfa ou d’aller manger un tacos à Alpine pour ensuite reprendre la Interstate 10 plus au nord. C’est donc à l’opposé de là que nous avions décidé de nous rendre, direction le sud. Plus précisément dans le petit village de Terlingua.

Pour décrire la place, autant commencer par le nombre d’habitants. Sur Wikipédia on peut lire qu’en 2010, cinquante-huit âmes y ont été recensées. Juste cette information vous donne le type de l’accueil. Les quelques points chaud sont la station-service Alon à l’entrée du patelin et le Starlight Theatre qui se situe à l’autre bout, dans la partie que l’on nomme Ghost Town. Mais attardons-nous un moment sur le cas de la station-service.

PREMIER ACTE

Au retour d’une de nos balades à vélo à travers le parc, nous y avons fait un petit arrêt pour recharger les batteries, car totalement déshydraté. Mais, je vais revenir sur ce point un peu plus tard. Donc comme vous pouvez vous l’imaginer, c’est un de ces endroits où les locaux se croisent pour jaser un bout sur divers sujets comme celui de la disparition de Zuzu Renee Verk dont le portrait est affiché un peu partout dans la région avec les caractère gras « MISSING ». Nous voilà au beau milieu d’une scène de Badlands, Texas où un jeune Shérif, accoudé à son camion estampillé du logo de la ville d’Alpine Texas parle avec des cowboys du coin aux visages sortie tout droit du plus beau casting de tous les temps. Rides qui creusent littéralement les peaux brulées par les années exposées au soleil du désert, ou est-ce des cicatrices qui sont plus ou moins cachées par l’ombre des chapeaux qui en disent long sur le statut des personnages. Mais surtout des voix graves aux accents de règlements de comptes que l’on pourrait utiliser comme introduction (ou final) de n’importe quel film du genre ou dans une bonne chanson de musique country. Bref, personne de ne nous porte vraiment attention et on se régale à les observer. Jusqu’au moment où la serveuse nous apporte des montagnes de salade sans jamais quitter du regard l’écran de télévision géant fixé au mur qui diffuse des poursuites de voitures filmées d’hélicoptère qui semblent en direct. Car oui, cette station-service à une petite partie restaurant, qui pour nous ressemble plus aux planches d’un théâtre où se joue sous une pièce.

SECOND ACTE

En entrant dans le Starlight Theater, on pense tout de suite à la deuxième partie du film From Dusk till Dawn et on se met à espérer que la soirée finira pas de la même façon. En fin de journée, cette salle est l’endroit où se retrouvent les locaux et gens de passage pour partager une bonne Margarita fraîche tout en dégustant un énorme burger-frites. On peut aussi rester à l’entrée pour regarder le soleil disparaitre derrière le Emory Peak. Tout comme à la station-service, tout va de clichés en clichés. Les bottes et chapeaux de cowboys, les cure-dents entres les lèvres, les voitures surdimensionnées sur le stationnement et les toilettes installées dans les anciennes cellules du shérif de l’époque des mines. De la country musique rythme le va-et-vient des serveuses qui transportent les assiettes énormes à travers la grande salle dépourvu de fenêtres. Dommage, nous n’avons pas eu l’opportunité d’être dans cette place au moment d’un show. Mais les photos accrochées ici et là illustrent clairement que la danse en ligne est de rigueur dans la demeure.

TROISIÈME ACTE

Le décor de Terlingua est exactement ce à quoi on peut s’attendre d’un endroit loin de tout et en plein milieu du désert. Ça ressemble à un grand terrain vague de sable et de roches, parsemé ici et là de maisons qui paraissent construites à la va-vite. La présence urbaine se symbolise par les câbles électriques qui longent les quelques rues, des carcasses de voitures et bus scolaires rongés par la rouille, le cimetière sortie tout droit d’un bon vieux Western Spaghetti et les fameuses ruines datant de l’époque des mines dans lesquelles la végétation a repris le contrôle. À ce sujet, cette région aride est essentiellement composée de plantes au ras du sol comme la Mesquite, la Creosote et le fabuleux cactus Prickly Pear. Pour voir des arbres, il faut grimper en altitude et c’est sur Basin Junctio aux alentours de 1500m en direction du Pic Emory que l’on commence à en apercevoir. La présence d’une maman ours et ses petits dans la région ne nous a pas permis de monter jusqu’au sommet. Nous avons donc emprunté la Window Trail qui se trouve à l’opposé de la zone où les gros nounours ont été aperçu un peu plus tôt dans la matinée. Parois rocheuses abruptes, cactus et papillons nous montrent le chemin jusqu’à un superbe point de vue qui surplombe un petit bout du Désert de Chihuahuan. Calme et relativement facile d’accès depuis le stationnement avec accès wifi à haut débit.

QUATRIÈME ACTE

L’expérience vélo n’a pas été très volumineuse en kilomètres mais riche en souvenirs. Carole avait senti le problème de l’eau avant même d’avoir commencé à pédaler et si nous n’avions pas fait le détour via la Ross Maxwell Scenic Drive nous serions surement parvenus à monter dans les Monts Chicos avant que les maux de tête ne me tombent dessus (signe d’une insolation). Au quarante-troisième kilomètre, nous avons décidé de faire demi-tour car nous ne savions pas si nous allions trouver de l’eau plus loin et la route commençait à prendre de l’inclinaison. Sur notre trajet du retour, Carole a demandé de l’eau à des touristes arrêtés sur le bas-côté pour faire quelques photos du magnifique paysage, que je ne voyais plus. Je pense que c’est juste ce qu’il nous fallait pour rejoindre l’auto sinon ma carcasse serait surement encore là-bas entrain de griller sous le soleil.

FINALE

On perd un peu l’habitude de regarder l’heure sur l’écran de son smartphone quand est dans un endroit comme Terlingua. On se laisse vite rythmer par l’astre solaire qui réchauffe l’air en journée et on observe le ciel étoilé dans la fraicheur du soir. Éloigné de toutes activités urbaines, les priorités changent. On fait de la marche, un peu de vélo et beaucoup d’observation. Mais après trois jours à déambuler dans ce désert, il nous fallait reprendre la route vers l’Est... Prochaine destination Austin.

 

Album photo sur mon Flickr #sayYEStoTXtour : Part No.3 / Part No.4 / Part No.5 et les tracés Strava : Basin Junction / Window Trail


Austin

Il nous restait trois jours à notre agenda. Nous avons donc prit le chemin du retour vers notre point de départ, via la fameuse Interstate 10. Cela nous a permis d’avoir un petit aperçu de la capitale du Texas, Austin. Qui ne ressemble en rien aux deux places précédemment visitées. Pour rester dans l’ambiance baroudeurs, Carole nous avait trouvé une belle petite caravane totalement réaménagée, installée dans le fond d’un jardin, dans le quartier Central East Austin. À part la finale de la Driveway Series, Nous n’avions pas vraiment de choses d’organisées ou d’endroits précis à aller voir, donc nous avons opté pour le « Get Lost ». On découvrait les places au rythme de nos coups de pédales et en s’orientant avec la Google Maps préalablement chargée dans nos smartphones. On a roulé un petit bout le long de la rivière Colorado qui coupe la ville en deux, testé plusieurs Food Trucks dont la ville est truffé, fait un passage au Mellow Johnny’s Bike Shop et déambulé dans le quartier de l’Université du Texas. Mais il me semble que nos pensées n’étaient pas présentes. Elles devaient-être quelque part à airer entres les cactus du Big Bend National Parc et les ruines de Terlinngua. De ce fait, nous n’avons pas eu un grand engouement à visiter la ville. Pourtant, le nombre de cyclistes présent à la course de vélo nous a clairement démontré que la scène locale est très active et compétitive. Il nous faudra donc revenir dans le coin pour approfondir notre exploration.

 

Album photo des deux rides sur mon Flickr #sayYEStoTXtour : Part No.6 / Part No.7 et les tracés Strava : Around no.1 / Around no.2


Driveway Series 2016

text : Andrian Flores

 

Imagine if you will, that you live in a climate where it's possible to race your bike from early February through October. Texas is blessed with this weather. But it doesn't stop there. For the last 15 years Austin, the cycling mecca of Texas has had some variation of the Driveway Series. It runs every Thursday evening from Mid March to October on a professional race car track just outside of town. A scenic bike path will take you from Downtown Austin and drop you off one 1km on a quiet road up to the race course. Or you can drive and park easily on the grounds. This perfect pavement is meticulously maintained and hosts more than 300 cyclists every week. Of the 6 races put on each week, 2 regularly sell out at their 75 and 115 racer caps respectively. Sponsors come out to provide free beer, wine coolers, massage, light-mechanic service, Red Bulls and many more food trucks and amenities line the race course week in and week out. Families of racers come out and enjoy this weekly community gathering with dogs and children and everyone is invited to enjoy the scene together. It's from this environment that Texas breeds some of the USA's fastest cyclists. We test out fitness against former National Champions of New Zealand, United Kingdom and the USA regularly. Pros regularly visit the track to race and pros are made from this weekly gathering.

 

Complet photo report on Flickr : Drive Way Series 2016